Pour l'amour du sport

« Ce que nous savons, c'est qu'il y a cette "tradition" tacite de nettoyer les villes avant les festivals, les championnats, et cela s'est toujours fait », - Ekaterina Dmitrieva, défenseuse des droits des animaux.

La médiatisation du sport a apporté l’ouverture à une nouvelle culture du dépassement de soi, un centre d’intérêt commun à des millions de personnes. Mais à quel prix ?

Aujourd'hui, avec l’importance apportée à l’organisation d’évènements sportifs, les pays hôtes ont de plus en plus cherché à donner une bonne image de leur patrie. Recevoir la Coupe du Monde ou les Jeux Olympiques sur son territoire est vu comme un honneur. Le sport est devenu un prétexte politique.

Alors, à travers la médiatisation, on ne montre que le meilleur des évènements et on cache une réalité qui est discutable, souvent choquante. On crée du spectaculaire, un environnement qui fait rêver.
Montage d'archives (found foutage) réalisé en 2019. Pour ce projet, je me suis focalisée sur trois pays : le Brésil, la Russie et le Qatar. Que ce soit les assassinats de SDF, la destruction des favelas, la répression de la population pour la Coupe du monde de 2014 et les Jeux Olympiques de 2016 au Brésil, ou bien l’éradication massive des animaux “errants“ en Russie pour la Coupe du Monde de 2018, on fait place nette et on cache aux touristes des choses qui pourraient atteindre la notoriété du pays. Il s’agit du « nettoyage des villes ». Au Qatar, c'est l'esclavage de la main d'œuvre immigrée. On cache les impacts néfastes de l’installation de ces évènements et les répercutions qu’ils ont sur les populations des pays hôtes.

« Pour l'amour du sport » : je voulais définir, avec une touche d'ironie, tout ce qui a été créé et déclenché, en « hommage » au sport. Je désigne l’absurdité des mesures prises pour l'organisation de ces rassemblements. Alors, on voit d'immenses stades remplis de supporters enjoués et emportés par les jeux, par amour pour le sport. En parallèle, les aménagements pris en charge par les gouvernements afin de créer du spectaculaire, « pour l'amour du sport ».